Les mille et une nuits de Tahrir

une nouvelle inédite de Carine Fernandez

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Revue XXI - Hiver 2012

dans le numéro 17 de Revue XXI
sortie en librairie
le 5 janvier 2012

 


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Couverture du livre La saison rougeLa saison rouge

Actes Sud, 2008

Qatan, un pays arabe fictif. Dans l’univers carcéral de sa maison promise à la démolition, Elisa, une jeune Européenne délaissée par son mari, isolée avec son fils, devient folle de solitude.
Huis clos oppressant avec, pour seul interlocuteur, Pascual, le serviteur philippin, tandis qu’un étrange jardinier yéménite épie du haut des palmiers.
Des jours, des semaines à attendre, à se consumer de jalousie, sans nouvelles de Hatem, l’époux insaisissable parti en voyage d’affaires en Europe. Mais peut-être n’a-t-il pas quitté la ville… (...)

 

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Presse

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et sur la croix en bas à droite pour la lire

Article de Carine Fernandez paru dans Livre & Lire

 

Biographie

Carine fernandez en exil ou en cavale?

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Carine Fernandez à 3 ansJe suis née dans la région lyonnaise le 4 juin 1955, fille de réfugié, mon père républicain espagnol avait demandé l'asile politique en France. L'ambiance familiale chez ces victimes de la dictature franquiste n'est ni libérale ni libertaire, mais excessivement puritaine et répressive, qu'on se souvienne de la claustration délétère de La maison de Bernarda de Garcia Lorca. Rien d'autre à faire que lire et courir les bois à défaut de courir les garçons.
Je m'évade à 16 ans pour m'enfuir au Moyen Orient avec un étudiant saoudien: noces de sable. La petite mariée n'a pas fini sa classe de seconde, elle n'a pas un sou en poche, n'a jamais pris l'avion,son ignorance du monde est ahurissante, mais rien ne lui fait peur. Elle a seize ans. Au fond de la valise., Rimbaud et Cendrars en guise de viatique. (...)

 

 

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Poésie

Avion d'Eastern AirlinesQuelques poèmes extraits des Idiomes de l'ouest

 

 

 

 

VOYAGER

Et tu auras compris les sources du plaisir
Halo obscur qu'allume le jour
Et qui rougeoie en plein midi
Mais se consume seul
Aux chapelles de la nuit.

Et tu sais les corps qui enfantent
Qui se distendent comme des métaux
Femmes lunaires
Multipliées
Par les phases du sang nouveau
Leur ventre lisse est une enclume.

Et tu as soif des départs
Lorsque le corps s'affranchit
Des terres écorchées rose vif
Contre les montagnes plénières.

Tu voudrais te couler dans les routes étranges
Les laisser te conduire
Limoneuses,
Routes-Nil, routes-Gange
Profondes,
Routes-Rhin, routes-Rhône,
Routes-Mississipi.

Il ne s'agit plus de retourner
En d'illusoires pélerinages
Aux chers calvaires du passé
Car nous avons tourné la page.

Chercher les hommes où qu'ils se trouvent
Aux campagnes blessées par l'été,
Aux gares taillées dans le goudron des nuits
Dans les bars
Où ceux qui allaient mourir
Une fois dernière
Saluaient
Un coup de rouge, un coup de blanc,
Les coeurs vibraient dans la fumée,
Le diable hurlait sous les tables
Les visages se tordaient
Comme d'antiques lessives
Durcies aux aubes de Décembre,
A chaque avalanche de rires
Plombés
Tu tressaillais.
Fermez la porte au grelot mort!
Rouleaux de vent rasant les plinthes...
Je parle ici d'un de tes rêves
Qui te fit beaucoup voyager.


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