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La saison rouge
Actes Sud, 2008
Qatan, un pays arabe fictif. Dans l’univers carcéral de sa maison promise à la démolition, Elisa, une jeune Européenne délaissée par son mari, isolée avec son fils, devient folle de solitude. Huis clos oppressant avec, pour seul interlocuteur, Pascual, le serviteur philippin, tandis qu’un étrange jardinier yéménite épie du haut des palmiers. Des jours, des semaines à attendre, à se consumer de jalousie, sans nouvelles de Hatem, l’époux insaisissable parti en voyage d’affaires en Europe. Mais peut-être n’a-t-il pas quitté la ville… (...)
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Presse
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Biographie
Carine fernandez en exil ou en cavale?
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Je suis née dans la région lyonnaise le 4 juin 1955, fille de réfugié, mon père républicain espagnol avait demandé l'asile politique en France. L'ambiance familiale chez ces victimes de la dictature franquiste n'est ni libérale ni libertaire, mais excessivement puritaine et répressive, qu'on se souvienne de la claustration délétère de La maison de Bernarda de Garcia Lorca. Rien d'autre à faire que lire et courir les bois à défaut de courir les garçons. Je m'évade à 16 ans pour m'enfuir au Moyen Orient avec un étudiant saoudien: noces de sable. La petite mariée n'a pas fini sa classe de seconde, elle n'a pas un sou en poche, n'a jamais pris l'avion,son ignorance du monde est ahurissante, mais rien ne lui fait peur. Elle a seize ans. Au fond de la valise., Rimbaud et Cendrars en guise de viatique. (...)
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Poésie
Quelques poèmes extraits des Idiomes de l'ouest
VOYAGER
Et tu auras compris les sources du plaisir Halo obscur qu'allume le jour Et qui rougeoie en plein midi Mais se consume seul Aux chapelles de la nuit.
Et tu sais les corps qui enfantent Qui se distendent comme des métaux Femmes lunaires Multipliées Par les phases du sang nouveau Leur ventre lisse est une enclume.
Et tu as soif des départs Lorsque le corps s'affranchit Des terres écorchées rose vif Contre les montagnes plénières.
Tu voudrais te couler dans les routes étranges Les laisser te conduire Limoneuses, Routes-Nil, routes-Gange Profondes, Routes-Rhin, routes-Rhône, Routes-Mississipi.
Il ne s'agit plus de retourner En d'illusoires pélerinages Aux chers calvaires du passé Car nous avons tourné la page.
Chercher les hommes où qu'ils se trouvent Aux campagnes blessées par l'été, Aux gares taillées dans le goudron des nuits Dans les bars Où ceux qui allaient mourir Une fois dernière Saluaient Un coup de rouge, un coup de blanc, Les coeurs vibraient dans la fumée, Le diable hurlait sous les tables Les visages se tordaient Comme d'antiques lessives Durcies aux aubes de Décembre, A chaque avalanche de rires Plombés Tu tressaillais. Fermez la porte au grelot mort! Rouleaux de vent rasant les plinthes... Je parle ici d'un de tes rêves Qui te fit beaucoup voyager.
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